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Ce que les épargnants d'aujourd'hui peuvent apprendre des aînés d'aujourd'hui sur la planification de la retraite

Les futurs retraités peuvent apprendre une leçon de leurs aînés en se tournant vers les retraités actuels au Canada et dans le monde. Les recherches de Schroders dans leur récente étude mondiale sur les investisseurs ont sollicité les commentaires de retraités internationaux de 30 pays. Les résultats sont éclairants et aident à mettre en évidence les domaines à aborder dans la poursuite de l'indépendance financière.

Lorsqu'on leur a demandé s'ils souhaitaient avoir épargné davantage pour la retraite, seulement 14% des répondants canadiens à la retraite ont dit qu'ils auraient souhaité avoir «beaucoup plus» économisé. C'est une bonne nouvelle pour les aînés canadiens. 42% estimaient avoir économisé suffisamment et 44% souhaitaient avoir économisé «un peu» davantage.

L'analyse de leurs sources de revenu de retraite fournit des informations intéressantes. Près du quart de leur revenu de retraite provient ou proviendra de pensions d'entreprise. Au Canada, la tendance est à la réduction de la couverture des régimes de retraite des employés, à la transition vers les travailleurs temporaires et contractuels et à l'augmentation du travail indépendant. Tout cela impose une responsabilité plus personnelle aux travailleurs d'aujourd'hui pour épargner de manière proactive afin d'être les retraités heureux de demain.

On pourrait penser que les Canadiens consciencieux économiseraient davantage à mesure que la couverture des pensions diminuerait. Bien au contraire, notre taux d'épargne a diminué de façon constante, passant d'un sommet de 19,9% en 1981 à 4,2% au quatrième trimestre de 2017 selon Statistique Canada. Pendant la majeure partie des 10 dernières années, le taux est resté obstinément en dessous de 5%.

En comparaison, l'étude Schroders a révélé que la proportion moyenne du revenu annuel que les Canadiens estimaient devoir épargner pour leur retraite était de 13%. Le plafond annuel maximal pour les REER est de 18% du revenu gagné (sous réserve d'un maximum en dollars).

La hausse des prix des maisons et le niveau d'endettement record sont quelques-unes des raisons pour lesquelles les Canadiens peuvent ne pas atteindre leurs objectifs d'épargne. L'immobilier et le mode de vie ont pris le pas sur la retraite, et maintenant 18% des Canadiens affirment que leur priorité absolue pour leur revenu disponible en 2020 est le remboursement de la dette, soit plus du double de la moyenne mondiale dans 30 autres pays.

Étant donné les niveaux d'endettement élevés et la hausse des taux d'intérêt, le virage vers le remboursement de la dette en tant que priorité pour les Canadiens est un bon signe, mais à court terme, cela signifie que nous ne verrons probablement pas une augmentation importante de l'épargne-retraite. Cela suggère également que certains Canadiens ne seront pas en mesure de financer leur retraite sans puiser dans leur valeur nette.

L'économie de marché libre peut être très efficace lorsque vous traitez avec les cours des actions, les taux de change et d'autres équilibres principalement rationnels. Je pense que l'intervention du gouvernement est plus justifiée lorsqu'il s'agit d'assurer la sécurité de la retraite d'un pays. Cela est particulièrement pertinent au Canada où nous avons un marché d'épargne-retraite privé généralement cher et souvent inefficace – l'industrie des fonds communs de placement – qui, à mon avis, fait un travail décevant pour aider les Canadiens à épargner pour leur retraite.

Sur cette base, j’appuie l’amélioration par le gouvernement fédéral du Régime de pensions du Canada. À partir de 2020, les travailleurs cotiseront davantage au RPC, ce qui entraînera une pension de retraite plus élevée. Seuls ceux qui travaillent et cotisent au RPC pour 2020 et les années à venir seront touchés – pas les bénéficiaires de pension ou les retraités actuels.

Au moment où la bonification du RPC sera pleinement introduite d'ici 2025, la pension remplacera un tiers du maximum des gains annuels ouvrant droit à pension (MGAP) au lieu d'un quart actuellement. La limite du MGAP utilisée pour calculer les gains moyens de travail et le ratio de remplacement du revenu augmentera également de 14%.

J'aimerais pouvoir faire confiance aux épargnants canadiens pour épargner adéquatement pour leur retraite par eux-mêmes. Les récentes tendances à l'écart de l'épargne-retraite et à la consommation contribuent à renforcer les avantages de l'augmentation de la couverture des pensions du gouvernement. De plus, le RPC couplé à la Sécurité de la vieillesse (SV) ne fournissent toujours qu’une part modeste du revenu moyen des retraités canadiens.

Les données de Statistique Canada renforcent ce manque à gagner. La pension de retraite moyenne actuelle du RPC est de 8 303 $ par année. La pension maximale de la SV est de 7 075 $ par année. L'Enquête sur les dépenses des ménages de 2016 a révélé que les dépenses moyennes par ménage pour les personnes de 65 ans et plus étaient de 58 121 $, y compris l'impôt sur le revenu. Si nous ajustons l'inflation, cela représenterait environ 60394 $ en dollars de 2020. Un couple marié gagnant le RPC moyen et la SV maximale couvrirait donc environ 51% de ses besoins de retraite avec les seules pensions du gouvernement.

51% n'est pas à moitié mauvais, mais ce n'est encore que la moitié des dépenses d'un retraité canadien typique. Dans un monde financier utopique, les épargnants se chargeraient de combler l'écart et le secteur financier ferait du bon travail en les aidant à le faire. J’ai des doutes sur les deux et c’est pourquoi l’amélioration du RPC est probablement une bonne chose pour garantir que les futurs retraités soient au moins aussi satisfaits que les retraités majoritairement indépendants du sondage Schroder.

Les Canadiens ont toujours une certaine responsabilité d'épargner de façon indépendante pour la retraite, comme il se doit, mais je pense qu'il est sage que le gouvernement aide à limiter la marge d'erreur.

Jason Heath est un planificateur financier agréé (CFP) à honoraires seulement et à conseils uniquement chez Objective Financial Partners Inc. à Toronto, en Ontario. Il ne vend aucun produit financier.

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